Urgences 8/10 : Fluidifier l'aval des urgences

25 juillet 2022 | Hôpital Urgences 8/10 : Fluidifier l'aval des urgences

Sécuriser la sortie du patient est un enjeu majeur : il permet d'assurer la sécurité sanitaire du patient, de prévenir un retour aux urgences, et d'éduquer le patient sur l'offre de soin en ville.

Les solutions évoquées pour résoudre le problème d'engorgement des urgences sont bien souvent focalisées uniquement sur l'amont : comment mieux identifier les facteurs de risques pour éviter une aggravation et une prise en charge aux urgences, comment mieux informer le patient sur les différents parcours de soins pour limiter le recours abusif aux urgences, etc. Rarement sont évoquées les problématiques de l'aval, ou alors presque exclusivement de manière hospitalo-centrée : trouver un lit dans l'établissement.

Or, prendre en compte l'aval est un enjeu majeur si l'on souhaite répondre durablement et efficacement à la crise des urgences. En effet, cela revient non seulement à désengorger les salles d'attente aux urgences, éduquer le patient sur le fait que les Urgences ne sont pas l'alpha et l'oméga du soin, mais aussi et surtout à sécuriser le dispositif de prise en charge du patient à sa sortie pour éviter un retour aux urgences.

Sécuriser la sortie des urgences

Le profil des patients pris en charge aux urgences est à l'image de l'évolution de notre société. Plus âgés, plus souvent atteints de maladies chroniques et poly-pathologies, parfois isolés, en difficulté socialement. C'est l'ensemble de ce contexte (sanitaire, mais pas que...) que le médecin doit prendre en compte lorsqu'il décide de la sortie de son patient. Cette responsabilité et la charge mentale induite pèsent sur ses choix et l'incitent bien souvent à sécuriser la sortie du patient par une solution d'hospitalisation au sein de son établissement. Et là, débute une nouvelle difficulté : trouver un lit dans le service spécialisé adéquate... alors que le patient ne demande qu'à rentrer chez lui

Par le digital, ouvrir l'hôpital sur son territoire

Des solutions alternatives à l'hospitalisation au sein de l'établissement peuvent être imaginées, garantissant tout autant la qualité des soins et la sécurité des patients : Hospitalisation à Domicile (HAD), hospitalisation temporaire en ehpad. Cela faisait déjà partie des propositions du pacte de refondation des urgences en 2019. Néanmoins, même si des initiatives existent ça et là, l'exploitation de ces dispositifs est encore balbutiante. Le digital peut permettre de dresser ces ponts qui manquent aujourd'hui entre la médecine de ville, les établissements médico-sociaux et les structures sanitaires. Il doit surtout permettre de fluidifier et d'industrialiser la sortie des urgences. 

Comment par le digital structurer et industrialiser la sortie des urgences ?

Que ce soit en

  • facilitant la collecte d'un maximum d'informations sur l'environnement du patient (cf Article Urgences 3/10 : renforcer la qualité et la sécurité de prise en charge),
  • en indiquant un protocole de suivi digitalisé et les conduites à tenir pour ses confrères/consœurs en ville,
  • ou encore en accédant rapidement au triptyque médecin traitant, infirmière référente, pharmacien correspondant,
    le digital peut aider les urgentistes ou IOA à faire moins d'administratif et gagner du temps médical pour les patients qui ont besoin d'eux en salle d'attente.

Organiser le retour en ville en s'appuyant sur la supervision des demandes organisées dans les CPTS

En s'appuyant sur un outil numérique fédérant l'ensemble des professionnels et structures de santé du territoire, l'urgentiste a directement accès aux compétences médicales locales nécessaires à la prise en charge et au suivi de son patient en ville.

Plus qu'un simple annuaire, la demande d'intervention du médecin urgentiste est supervisée par un coordinateur au sein de la CPTS, garantissant ainsi la prise en charge rapide du patient, en concertation avec le médecin traitant.

Partager les actes réalisés, traitements modifiés, conduite à tenir avec l'aval

Les informations médicales collectées pendant les temps d'attente  passage aux urgences - actes réalisés, conduites à tenir, précautions à prendre - sont partagées de manière sécurisée au cercle de soins afin d'optimiser la prise en charge du patient.

Un système de chat sécurisé, permet, si l'hôpital souhaite l'utiliser, d'interroger le service qui a traité le patient sur la possibilité d'améliorer la conduite à tenir car l'environnement du patient s'y prête.

Si la CPTS (l'hôpital, la clinique, et les praticiens libéraux) ont défini les protocoles de suivi patient, ces derniers sont partagés et accessible à tout moment depuis la fiche patient en ville (solution déjà en cours d'expérimentation, nous contacter pour en savoir plus).

Systématiser le suivi patient, et les remontés d'alertes, pour éviter un retour aux urgences

Il est même envisageable en s'appuyant sur le numérique de suivre dans le temps les patients après leur passage aux urgences. Par le biais de questionnaires récurrents adressés au patient,  il est possible d'évaluer l'évolution de son état de santé et de limiter ainsi les retours aux urgences. 

Une alerte peut ainsi être remontée au cercle de soin lorsque la situation se dégrade, afin d'éviter un nouveau recours au urgences si cela est possible.

Ce type d'outil existe déjà : notre module Médana Urgences est bâti sur la même plateforme applicative que Citana Coordination, notre solution destinée aux CPTS. Ainsi, "branché" à Citana Coordination, Médana Urgences peut non seulement fluidifier l'amont (évaluation patient, triage, aide au diagnostic) comme vu dans l'article 3/10, mais aussi l'aval (adressage, demande d'intervention, parcours coordonné, surveillance à domicile). 

Evaluer les critères de qualité demandés par la HAS par le digital

C'est dorénavant une obligation de la HAS, les hôpitaux doivent évaluer les critères de qualité de leurs service. En même temps qu'ils répond à son questionnaire de suivi automatisé, le patient peut se voir proposer une évaluation de sa prise en charge afin de répondre aux obligations de la HAS, amis aussi et surtout pour se mettre dans une démarche d'amélioration continue.

 

Pour aller plus loin sur le sujet : 10 réponses concrètes aux priorités soulevées par le rapport Braun

 

 

Jerome BOURREAU

Ecrit par: Jerome BOURREAU

Ingénieur CentraleSupelec & MBA INSEAD, Jérôme travaille depuis 20 ans dans la transformation digital de différents secteurs, Dans le transport avec la création de oui.sncf , le Tourisme chez ThomasCook, le Commerce chez Pixmania, et le paiement chez Ingenico. Jérôme a co-fondé Anamnese en 2017 avec Raphael Canyasse afin d'aider à la transformation digitale du secteur de la santé.