Il aura fallu attendre décembre 2025.
Des décennies d’engagement sur le terrain. Des milliers de décisions prises chaque jour au domicile des patients. Une coordination assumée, souvent invisible.
Une responsabilité réelle… sans reconnaissance juridique à la hauteur.
Le Décret n° 2025-1306 du 24 décembre 2025 vient enfin consacrer ce que les infirmiers libéraux savent depuis toujours : ils ne sont pas de simples exécutants,
ils sont des cliniciens de terrain et des coordinateurs naturels du parcours de soins.
Mais cette reconnaissance historique n’est pas qu’un symbole.
C’est un changement profond. Et il oblige.
Le décret consacre :
- La consultation infirmière
- Le diagnostic infirmier
- La capacité d’initier, conduire et évaluer des soins à visée diagnostique, préventive, éducative, thérapeutique ou palliative
- Un rôle central affirmé dans la coordination des soins
- Une ouverture encadrée vers la prescription infirmière
Pour les infirmiers libéraux, c’est une révolution silencieuse. Car en réalité, vous faisiez déjà tout cela.
Au domicile, c’est vous qui :
- évaluez l’environnement social et sanitaire,
- détectez les signes d’aggravation,
- adaptez les prises en charge,
- coordonnez médecins, pharmaciens, SSIAD, familles,
- sécurisez les retours d’hospitalisation
- prévenez les ruptures de soins.
La différence aujourd’hui ? C’est désormais inscrit dans le droit.
Ce nouveau cadre ne vient pas seulement valoriser le métier. Il en augmente le niveau d’exigence.
Plus d’autonomie signifie :
- plus de responsabilité juridique,
- plus de nécessité de traçabilité,
- plus de besoin de structuration des pratiques.
Dans un environnement de plus en plus judiciarisé, la pratique intuitive ne suffit plus.
Il faut pouvoir démontrer son raisonnement clinique.
Par ailleurs, le décret change la nature du rôle infirmier libéral. Vous n’êtes plus seulement un maillon du soin, vous devenez officiellement un pilier du parcours.
Cela implique :
- de formaliser vos évaluations,
- d’objectiver vos décisions,
- de rendre visible votre coordination,
- de structurer vos plans de soins.
Or aujourd’hui, beaucoup d’IDEL travaillent encore avec des transmissions fragmentées, des outils centrés sur la facturation, des échanges informels (SMS, appels, notes libres). Ce fonctionnement était toléré. Il ne sera plus suffisant.
Le domicile : coeur stratégique du système de santé
Le système de santé bascule vers :
- le maintien Ă domicile
- la prise en charge des maladies chroniques,
- la prévention des hospitalisations évitables,
- la coordination territoriale (CPTS, MSP, HAD).
Et au centre de cette bascule : l’infirmier libéral. Vous êtes le professionnel de santé le plus présent au domicile, le plus régulier, le plus observateur.
Ce décret n’est pas une simple évolution réglementaire. C’est une redéfinition du positionnement infirmier dans le système de santé. Les infirmiers libéraux ne sont plus seulement des exécutants au domicile. Ils deviennent officiellement des acteurs de premier recours et des coordinateurs de proximité.
La question n’est plus : “Est-ce que nous sommes légitimes ?” La question devient : “Sommes-nous organisés pour exercer pleinement cette légitimité ?”
Aussi pour que cette nouvelle position stratégique soit reconnue durablement, elle doit être outillée.
Sans outil de coordination, la reconnaissance restera théorique
La coordination ne peut plus reposer uniquement sur des appels téléphoniques, des carnets papier, des transmissions orales. Dans le cadre du nouveau décret, un outil numérique adapté devient indispensable pour :
En conclusion, le décret du 24 décembre 2025 consacre enfin le rôle central des infirmiers libéraux. Mais une reconnaissance juridique sans structuration opérationnelle restera fragile.
Dans ce nouveau paysage :
- L’autonomie exige de la traçabilité
- La coordination exige de la visibilité
- La responsabilité exige de la sécurisation
Et cela passe par un outil numérique, tel que Citana, adapté au terrain libéral.
Le domicile devient un espace stratégique du système de santé. Les IDEL en sont les architectes invisibles. Il est temps que cette architecture devienne structurée, reconnue… et protégée.