Les bilans de prévention ouvrent une nouvelle perspective pour la profession infirmier. En repérant les facteurs de risque avant l’apparition des maladies chroniques, les infirmiers renforcent leur rôle dans le parcours de santé et accompagnent leurs patients vers des actions concrètes, adaptées à leur situation. Une manière de conjuguer prévention, reconnaissance professionnelle et impact durable sur la santé.
Les infirmiers sont les acteurs clés de la transformation préventive en France. En initiant des bilans de prévention auprès de leurs patients, ils renforcent leur rôle professionnel, identifient les facteurs de risque avant l'apparition des maladies chroniques, et mettent en place des plans d'action adaptés. Cette opportunité, reconnue par les autorités sanitaires comme une nouvelle dynamique pour la profession infirmier, permet de rediriger l'énergie des patients vers l'autonomie et le bien-être durable.
Les chiffres sont éloquents : les maladies chroniques représentent 86 % des décès en Europe et sont la première cause de mortalité mondiale selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En France, cette réalité s'accompagne d'un changement démographique majeur : d'ici 2030, 1 Français sur 3 aura plus de 60 ans, et les plus de 65 ans seront plus nombreux que les moins de 15 ans.
Mais voici la bonne nouvelle : une part importante de ces maladies chroniques est liée à des facteurs de risque modifiables ou évitables.
C'est là qu'intervient la stratégie française de prévention. Au lieu d'attendre que les patients arrivent aux urgences ou aux consultations spécialisées, l'objectif est d'identifier les risques avant même qu'ils ne se manifestent, quand l'intervention reste possible et efficace. Et pour cela, les infirmiers jouent un rôle central.
Mon Bilan Prévention est un rendez-vous structuré de 30 à 45 minutes, gratuit pour le patient, généré par l'Assurance Maladie et destiné à identifier les facteurs de risque et les habitudes de vie modifiables.
Lors d'un bilan, l'infirmier explore :
Le résultat concret : un plan personnalisé de prévention (PPP) que l'infirmier co-construit avec le patient, avec des actions précises et des priorités adaptées à sa situation.
Contrairement aux médecins généralistes, qui voient les patients de façon ponctuelle lors de consultations, les infirmiers entretiennent un contact régulier et de proximité avec leurs patients. Qu'ils travaillent en libéral, en cabinet de groupe (MSP, CPTS) ou en structure publique, ils sont souvent le professionnel de santé vu le plus fréquemment.
Cette relation de confiance - construite au fil du temps, dans le contexte des soins - crée un espace psychologique où les patients sont plus ouverts à parler de leurs habitudes de vie et de leurs préoccupations en matière de santé.
Depuis la généralisation du dispositif en 2024, les infirmiers sont explicitement reconnus comme effecteurs autorisés pour réaliser les bilans de prévention, aux côtés des médecins, pharmaciens et sages-femmes.
Plus important encore : cette reconnaissance a été encadrée comme « une nouvelle dynamique pour la profession infirmière » par l'Ordre des Infirmiers. Il ne s'agit pas d'une tâche subsidiaire, mais d'une opportunité de valorisation professionnelle et de repositionnement du rôle infirmier.
L'accès aux bilans n'exige pas de certification supplémentaire - si vous êtes infirmier, vous pouvez commencer à les proposer immédiatement. Cependant, pour ceux qui souhaitent renforcer leurs compétences, la plateforme formation.bilan-prevention.ehesp.fr propose des modules en ligne gratuits sur :
Cette approche basse barrière à l'entrée + soutien disponible = une réelle opportunité pour progresser à son rythme.
Les patients ne paient rien (100 % pris en charge par l'Assurance Maladie). Les infirmiers facturent le bilan auprès de l'Assurance Maladie : 30 € par bilan en métropole, ou 31,50 € dans les DOM-TOM.
Pour les infirmiers libéraux (IDEL), c'est une source de revenus prévisible : avec un planning raisonnablement rempli, les bilans offrent une activité régulière et rémunérée.
Imaginons un patient de 48 ans, sans symptômes apparents, qui vient pour un bilan. L'infirmier explore ses habitudes : sédentaire depuis 15 ans, alimentation déséquilibrée, stressé au travail, antécédents familiaux de diabète.
Sans ce bilan, ce patient aurait attendu une urgence ou une complication pour être pris en charge. Avec le bilan, vous identifiez le risque maintenant, avant le diagnostic de diabète ou d'hypertension. Vous pouvez ensemble fixer des priorités : par exemple, commencer par 10 minutes de marche quotidienne, puis explorer une diététique adaptée.
Ce changement de paradigme - de traitement réactif à prévention proactive - est transformateur.
Pour les patients de 60-75 ans, le bilan inclut un dépistage des fragilités liées à l'autonomie et à la qualité de vie. En les monitorant dès 60 ans, vous repérez les premiers signes de déclin avant qu'ils ne deviennent des handicaps. Une intervention précoce - que ce soit un suivi nutritionnel, un test auditif, ou une prescription d'exercices de mobilité - peut changer trajectoire.
Au niveau collectif, l'investissement dans la prévention s'amortit rapidement. Une admission hospitalière pour décompensation diabétique coûte infiniment plus cher qu'un bilan de prévention à 30 €. Les données internationales sur la prévention montrent systématiquement : plus tôt vous agissez sur les facteurs de risque, moins vous avez de complications, et donc moins d'hospitalisations.
Au lieu de dire : « Vous avez besoin d'un bilan de prévention » (qui sonne comme une obligation), essayez :
Si vous souhaitez apparaître dans l'annuaire public des professionnels réalisant des bilans (sur sante.fr/annuaire-mon-bilan-prevention), vous pouvez vous inscrire via votre compte CPS ou e-CPS. Ce n'est pas obligatoire, mais cela augmente la visibilité auprès des patients.
Si vous travaillez en CPTS, MSP ou cabinet de groupe, coordonnez avec vos médecins généralistes sur le circuit : est-ce que les patients font le bilan d'abord chez l'infirmier, puis un point avec le médecin ? Ou inversement ? Cette clarification aide tout le monde à comprendre son rôle.
Avec notre nouvelle offre CITANA Essentiel, vous bénéficiez d'une solution prête à l'emploi pour organiser et réaliser des bilans de prévention en toute simplicité et à grande échelle :
Les maladies chroniques ne sont pas inévitables. Elles sont le résultat de risques cumulés au fil du temps - risques que vous pouvez identifier, nommer et adresser avant qu'ils ne deviennent des diagnostics.
En initiant des bilans de prévention auprès de vos patients, vous ne faites pas que remplir une case administrative. Vous repositionnez votre rôle d'infirmier comme acteur de santé globale, pas seulement de soins aigus. Vous développez une expertise dans la détection précoce des risques et le coaching vers des changements durables. Et vous offrez à vos patients quelque chose de profondément humain : la possibilité de reprendre le contrôle de leur santé avant qu'une crise ne les y oblige.
C'est une nouvelle dynamique. C'est maintenant. Et c'est à vous.