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📖 Arrêtés infirmiers parus au JO : la révolution peut commencer

Rédigé par Christelle NEVAT | 30 juin 2026

Le 27 juin 2025, la loi sur la profession d'infirmier ouvrait une nouvelle page de l'exercice infirmier en France. Consultation infirmière, diagnostic infirmier, raisonnement clinique, prescription autonome… le texte posait les principes d'une profession davantage reconnue dans son autonomie.

Un an plus tard, les deux arrêtés publiés au Journal officiel du 26 juin 2026 viennent enfin rendre cette réforme pleinement opérationnelle :

 

Premier arrêté : une logique clinique plus qu'une liste d'actes 

À première lecture, l'arrêté sur les actes et soins pourrait être perçu comme un simple catalogue technique. Ce serait une erreur.

La véritable évolution est ailleurs : le texte organise les actes autour du raisonnement clinique infirmier et non plus uniquement autour de gestes techniques.

L'infirmier n'est plus seulement défini par ce qu'il réalise mais surtout par ce qu'il évalue, décide, coordonne et surveille. Il repère et évalue les besoins de la personne par l'utilisation d'outils et échelles standardisées. Il collecte et analyse les données cliniques du patient (recueil des constantes, TROD, réalisation d'explorations fonctionnelles, examens cliniques). Il pose un diagnostic, met en oeuvre les soins et oriente le patient dans son parcours de soins.

Cette évolution rejoint l'esprit de la réforme engagée par la loi de 2025 : reconnaître que la valeur ajoutée infirmière réside autant dans l'analyse clinique que dans la réalisation technique des soins.

Deuxième arrêté : la prescription devient une fonctionnalité métier

Le second arrêté est probablement celui qui aura les conséquences les plus visibles.

Pour la première fois, une liste structurée de produits de santé et d'examens complémentaires pouvant être prescrits ou renouvelés par les infirmiers est définie réglementairement.

Le texte couvre notamment :

  • certains examens complémentaires ;
  • des dispositifs médicaux ;
  • des produits liés aux plaies ;
  • la vaccination ;
  • certains traitements de prévention ;
  • des prescriptions participant à la prise en charge de la douleur, du sevrage tabagique ou encore de la santé sexuelle.

L'infirmier ne documente donc plus uniquement une prescription médicale : il devient lui-même prescripteur dans un périmètre clairement identifié.

Une autonomie plus importante... mais pas sans limites

Ces deux arrêtés constituent une avancée majeure. Ils ne répondent cependant pas à toutes les attentes de la profession.

Plusieurs organisations professionnelles ont salué la reconnaissance du raisonnement clinique tout en regrettant que certains arbitrages demeurent prudents, notamment concernant le périmètre exact de certaines prescriptions ou l'organisation des délégations d'activités. La HAS avait d'ailleurs rendu un avis favorable assorti de réserves avant la publication définitive.

Autrement dit, la réforme n'est probablement pas achevée. Mais elle ouvre une dynamique qui continuera vraisemblablement à évoluer dans les prochaines années.

Un nouveau rôle infirmier nécessitant d'être outillé

1. Appuyer et sécuriser le raisonnement clinique

Pour endosser pleinement son nouveau rôle, l'infirmier aura besoin d'un outil numérique robuste, tel que Citana, pour recueillir les signes cliniques objectifs (constantes, photo de plaie, etc.), évaluer les risques à partir de grille d'évaluation validées (EVA, Norton, MNA, etc.), bref tracer les éléments soutenant sa décision clinique et le plan de soins mis en oeuvre. 

2. Guider la prescription

L'infirmier aura également besoin de s'appuyer sur un outil métier intégrant des fonctionnalités d'aide à la prescription (LAP), garantissant une base de données médicamenteuses à jour agréée HAS, et traçant et sécurisant ses prescriptions (analyse des potentielles interactions médicamenteuses, notamment). Citana intègre cette option de LAP en partenariat avec Ordoclic.

3. Orienter le patient, coordonner le parcours de soins

L'élargissement des missions infirmières renforce également un enjeu souvent sous-estimé : le partage des informations. Pour assurer une prise en charge coordonnée, les infirmiers doivent pouvoir accéder aux traitements en cours, aux résultats biologiques, aux comptes rendus d'hospitalisation ou aux décisions des autres professionnels de santé. À l'inverse, leurs propres observations et décisions doivent être également facilement accessibles au médecin traitant, au pharmacien, à l'hôpital ou aux autres intervenants du parcours de soins.

Cette capacité à échanger des données de manière sécurisée et standardisée est possible dans CItana, conçu nativement pour la coordination. Le dossier patient est partagé à l'ensemble des professionnels du cercle de soins. Et depuis quelques semaines, il intègre DMP et MSS pour échanger et partager en toute sécurité.

Au-delà de la coordination, le décret précise le besoin pour l'infirmier d'être en capacité d'orienter le patient, de pouvoir face à une situation clinique identifier le niveau de recours et tracer cette orientation. Citana inclut une fonction d'adressage permettant de transmettre, tracer et sécuriser une demande de soins sur les professionnels du territoire habilités (filtrage par périmètre géographique, profession, spécialité, type d'actes, etc.)

Conclusion

La publication des deux arrêtés du 26 juin rend opérationnelle la réforme engagée par la loi infirmière de 2025. La profession infirmière n'est plus seulement une profession qui exécute des actes : elle est reconnue comme une profession clinique qui évalue, décide, prescrit et coordonne. Pour endosser pleinement leur nouveau rôle, les infirmiers doivent se doter d'un outil numérique à la hauteur des défis à relever : structuration des consultations et traçabilité du raisonnement clinique, aide à la prescription, coordination des soins et aide à l'orientation.